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NGON’A BON’EBELE 2026 : À DEÏDO, 42 BACHELIERS PRIMÉS POUR FAIRE DE L’EXCELLENCE UN HÉRITAGE

il y a 23 heures
4 min de lecture

Au-delà des récompenses, l’association Ngon’a Bon Ebele réaffirme son engagement en faveur de l’éducation, de l’égalité des chances et de la réussite des jeunes au Cameroun. Une initiative communautaire qui, depuis plus d’une décennie, fait du mérite scolaire un levier de transmission et de solidarité.


Le mérite scolaire comme investissement dans l’avenir. Le 17 octobre 2026, le Collège Alfred Saker a servi de cadre à la cérémonie de l’Excellence académique Ngon’a Bon Ebele. Sous le haut patronage de Sa Majesté James Frédéric Ekwalla Essaka II, chef supérieur du canton, cette rencontre a mis à l’honneur 42 nouveaux bacheliers, dans une atmosphère marquée par la fierté communautaire, la reconnaissance des efforts et l’ambition de bâtir une jeunesse capable de relever les défis de demain.


Si le nombre de lauréats est en baisse par rapport aux éditions précédentes, qui en enregistraient généralement entre 50 et 60, l’essentiel demeure, pour les organisatrices : encourager les jeunes à poursuivre leurs études et leur rappeler que le travail, la discipline et la persévérance ouvrent les portes de la réussite.


Faire du mérite scolaire une culture


Pour Siliki Ekoka, présidente de l’association Ngon’a Bon Ebele, l’excellence ne se résume pas à l’obtention d’un diplôme. Elle est le résultat d’un parcours exigeant, fait de sacrifices, de discipline et de détermination. Saluant les efforts des lauréats, elle a rappelé que derrière chaque réussite se trouvent des heures de travail, des difficultés surmontées et des encouragements reçus.

Son message s’adresse autant aux nouveaux bacheliers qu’à ceux qui poursuivent encore leur parcours scolaire : persévérer, croire en ses capacités et ne pas céder face aux obstacles. Elle a également souligné le rôle déterminant des parents, des enseignants et de l’entourage dans l’accompagnement des élèves.


Cette célébration entend ainsi installer l’excellence dans la durée, en faisant des lauréats d’aujourd’hui des modèles pour les générations futures.


Plus de dix ans pour rapprocher les jeunes de l’université


Derrière les distinctions se trouve une ambition sociale qui a guidé la création du programme. Secrétaire générale de l’association, Me Tobbo-Din explique que l’initiative est née d’un constat : de nombreux jeunes associent encore la réussite à un départ à l’étranger, alors que des perspectives existent également au Cameroun.

« L’objectif, pour nous, était d’encourager nos enfants et de leur montrer qu’ils peuvent également réussir en restant au Cameroun », souligne-t-elle.


Depuis plus d’une décennie, Ngon’a Bon Ebele s’emploie ainsi à encourager la poursuite des études supérieures, notamment dans les établissements publics. À l’origine, le programme visait prioritairement les jeunes issus de familles modestes, pour lesquels les frais d’inscription à l’université pouvaient constituer un obstacle majeur.

C’est dans cette logique que les bacheliers sans mention reçoivent une récompense de 50 000 FCFA, conçue initialement pour contribuer à la prise en charge des frais d’entrée à l’université. L’ambition est claire : éviter qu’un jeune de Deïdo renonce à poursuivre ses études faute de moyens financiers.

Au fil des éditions, le dispositif s’est élargi pour intégrer une reconnaissance plus marquée des performances scolaires. Les bacheliers ayant obtenu la mention Bien bénéficient d’un prix spécial de 200 000 FCFA, tandis que ceux ayant décroché la mention Assez bien reçoivent 150 000 FCFA. Les filières techniques et technologiques sont également prises en compte, dans une volonté de valoriser la diversité des compétences et des parcours.

Cette approche associe deux principes complémentaires : soutenir les élèves confrontés aux difficultés financières et récompenser les performances académiques. Pour l’association, l’origine sociale ne doit ni déterminer les possibilités de réussite ni empêcher la reconnaissance du travail accompli.


La solidarité communautaire, une responsabilité partagée


L’engagement en faveur de la jeunesse ne repose pas uniquement sur les organisatrices. Il s’appuie également sur la mobilisation des élites et des membres de la communauté, dont certains ont eux-mêmes bénéficié de ce type d’encouragement au cours de leur parcours.

C’est le sens du témoignage de Rodolphe Bimbe, fils du canton et directeur commercial à la Socadel. Ancien bachelier primé, il considère aujourd’hui qu’il lui revient de transmettre à son tour les valeurs reçues.

« Hier, j’étais bachelier et j’ai été primé. Aujourd’hui, mon devoir est de transmettre », affirme-t-il, en distinguant le devoir, accompli par amour, de l’obligation imposée par la contrainte.

À travers cette démarche, il invite les jeunes à cultiver l’ambition, à défendre leurs racines et à repousser leurs propres limites. Pour lui, les nouvelles générations doivent pouvoir aller plus loin que leurs aînés, à condition de bénéficier de repères, d’encouragements et d’un environnement favorable à leur épanouissement.

Cette transmission intergénérationnelle donne une dimension particulière à la cérémonie : les anciens lauréats ne sont plus seulement des bénéficiaires du programme, mais deviennent à leur tour des acteurs de l’accompagnement de la jeunesse.


Des diplômes aux projets professionnels


Pour les récipiendaires, cette reconnaissance constitue aussi une source de motivation pour la suite du parcours. Lauréate de l’édition 2026, Marie Princesse Etondi Moussongo n’a pas caché sa satisfaction de recevoir cette distinction. Elle envisage de poursuivre son orientation dans les domaines de la comptabilité et de la fiscalité.

Au-delà de la récompense, son témoignage traduit l’importance de disposer d’objectifs professionnels précis et de continuer à travailler pour les atteindre. Aux plus jeunes, elle recommande la persévérance et la confiance en soi, convaincue que les efforts finissent par porter leurs fruits.

À l’heure où l’obtention du baccalauréat marque une étape importante, mais ne garantit pas à elle seule la poursuite des études, l’accompagnement financier et moral peut faire la différence. Les initiatives de proximité comme celle de Ngon’a Bon Ebele contribuent ainsi à maintenir les ambitions des jeunes et à rapprocher les familles des possibilités offertes par l’enseignement supérieur.


Ngon’a Bon Ebele, un pari sur le capital humain


Avec ses 42 bacheliers célébrés cette année, l’Excellence académique Ngon’a Bon Ebele rappelle que le développement d’une communauté passe aussi par sa capacité à former, encourager et accompagner sa jeunesse.

En associant récompense du mérite, soutien aux familles modestes et mobilisation des élites, l’association inscrit son action dans une vision où la réussite individuelle participe au progrès collectif.

Le défi reste désormais de prolonger cet encouragement au-delà de la cérémonie : accompagner les lauréats dans leurs choix d’orientation, soutenir leur accès aux études supérieures et favoriser leur insertion professionnelle.

Car, à Deïdo comme ailleurs, célébrer les diplômes n’est qu’un premier pas. Le véritable enjeu est de donner aux jeunes les moyens de transformer leurs acquis scolaires en compétences, leurs ambitions en projets et leurs réussites personnelles en contributions durables au développement du Cameroun.





Vichal DIKOBO S

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