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MBANYA : LE NGONDO RÉTABLIT LA VÉRITÉ SUR L’APPARTENANCE DU SITE SACRÉ ET CONFIRME LE SACRE DU KING AKWA

Entre mémoire, tradition et vérité historique, le Ngondo réaffirme le statut de Mbanya et appelle à préserver l’unité du peuple Bonambela.


La polémique autour du site sacré de Mbanya, à l’approche du Sacre du King Akwa prévu le 10 octobre 2026, vient de connaître une clarification majeure. Dans une déclaration officielle référencée N°/REF: 145/PR/MEG/PED/C/08/2026, le Ngondo, Assemblée Traditionnelle du Peuple Sawa, apporte des précisions sur le statut traditionnel du site et entend mettre fin aux interprétations contradictoires qui alimentent depuis quelque temps la confusion.


Selon cette déclaration, le Ngondo réaffirme son accompagnement actif du Canton Akwa dans l’organisation du Sacre de Sa Majesté Dr Louis Din Dika Akwa, Chef Traditionnel de 1er Degré du Canton Akwa, annoncé pour le 10 octobre prochain à Douala.

Mais au-delà de l’annonce culturelle, c’est surtout la question de l’identité et de l’appartenance de Mbanya qui retient l’attention.



Mbanya, un lieu chargé d’histoire et de spiritualité.



Dans le document rendu public, le Ngondo affirme que le Sacre se déroulera sur le site sacré de Mbanya, présenté comme un espace traditionnel majeur. La déclaration précise que ce site constitue un sanctuaire destiné notamment à l’intronisation et à l’onction de hauts dignitaires Akwa, Sawa et camerounais.

Cette reconnaissance officielle confère à Mbanya une dimension qui dépasse largement les querelles circonstancielles. Le lieu appartient à une histoire ancienne, à une mémoire collective et à une géographie traditionnelle dont la compréhension exige rigueur, respect des usages et connaissance des réalités coutumières.

C’est précisément sur ce terrain que s’inscrit la nécessité de rétablir la vérité historique et traditionnelle sur l’appartenance du quartier Mbanya, situé dans le village Bonamouang, dans le canton Bonambela.


Une appartenance qui ne saurait être réécrite par la polémique



Pour les défenseurs de la mémoire du peuple Bonambela, la confusion entretenue autour de Mbanya ne saurait effacer son ancrage historique et territorial dans Bonamouang.

Le rappel est donc important : l’existence d’un site sacré utilisé pour une cérémonie d’envergure traditionnelle ne signifie pas, à elle seule, que l’ensemble du quartier ou du village change d’appartenance coutumière.

Autrement dit, il convient de distinguer le statut cérémoniel et sacré du site de Mbanya de la question de son ancrage territorial et traditionnel.

Cette distinction apparaît essentielle pour éviter les amalgames et préserver la cohérence de l’histoire des communautés.


Le risque des manipulations et des lectures intéressées.


Dans ce contexte, les voix qui cherchent à opposer les communautés ou à réécrire l’histoire de certains espaces traditionnels sont perçues comme une menace pour la cohésion du peuple Sawa.

La controverse autour de Mbanya intervient en effet à un moment particulièrement sensible, alors que le Sacre du King Akwa doit constituer un événement culturel majeur. Toute tentative de transformer cette cérémonie en instrument de division serait contraire à l’esprit même des traditions Sawa, fondées sur la transmission, la dignité, le respect des anciens et la préservation de la paix entre communautés.

Il importe donc, face aux fausses informations et aux manipulations provenant d'acteurs tapis dans l'ombre, de privilégier les faits, les archives, la mémoire orale et les autorités traditionnelles compétentes plutôt que les rumeurs et les lectures partisanes.


Le Sacre du 10 octobre : un rendez-vous historique



En réaffirmant son soutien au Sacre du King Akwa, le Ngondo adresse également un message d'ouverture. Il invite l'ensemble des populations, sans distinction d'origine ou de communauté, à prendre part à ce rendez-vous culturel présenté comme rare et singulier dans l'histoire des peuples.


Le 10 octobre 2026, Mbanya devrait ainsi devenir le théâtre d'un moment fort de la tradition Sawa, dans un esprit de rassemblement et de respect des institutions traditionnelles.

Mais pour le peuple Bonambela, cette célébration ne doit pas être prétexte à l'effacement de son histoire.

Mbanya peut être un lieu de convergence culturelle sans devenir un espace de confusion identitaire. Le site sacré peut accueillir une cérémonie historique tout en demeurant inscrit dans son environnement territorial et dans la mémoire du village auquel il est traditionnellement rattaché.


Préserver la vérité pour préserver la paix.


À l'heure où les réseaux sociaux accélèrent la circulation des informations approximatives, la responsabilité des acteurs traditionnels, des communicateurs et des populations est plus grande que jamais.

L'enjeu n'est pas de créer une nouvelle fracture entre les communautés, mais de faire en sorte que la tradition demeure un facteur d'unité.

Le peuple Bonambela, attaché à son histoire et à ses repères ancestraux, entend ainsi défendre son patrimoine sans entrer dans une logique de confrontation. La vérité historique ne devrait pas être une arme contre l'autre ; elle doit être un instrument de paix, de transmission et de cohésion.

La déclaration du Ngondo, en confirmant l'organisation du Sacre sur le site sacré de Mbanya, ouvre donc la voie à une clarification nécessaire : la vocation sacrée d'un lieu ne doit pas être confondue avec la réécriture de l'appartenance traditionnelle du territoire.

Le 10 octobre prochain, le regard sera tourné vers Mbanya. Et au-delà du faste du Sacre, c'est aussi la capacité des peuples Sawa à célébrer leur patrimoine tout en respectant l'histoire et les droits mémoriels de chaque communauté qui sera observée.


À Mbanya, l'heure doit être à la tradition, à la vérité et à l'unité jamais à la manipulation ni à la division.





VICHAL DIKOBO S.

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