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Marché de Bonamoussadi : Richard Mfeungwang. défie-t-il l’autorité de la Ville de Douala ?


À Douala 5e, la bataille autour du futur marché moderne de Bonamoussadi prend des allures de bras de fer politique et institutionnel. D’un côté, le maire de la commune d’arrondissement, Richard Mfeungwang, affiche sa volonté de transformer ce vaste espace marchand en une infrastructure moderne et attractive. De l’autre, le Dr Roger Mbassa Ndine, Maire de la Ville de Douala, oppose une fin de non-recevoir, rappelant que le terrain concerné relève désormais du patrimoine foncier de la Communauté Urbaine de Douala (CUD).

Au cœur de cette polémique : un marché de Bonamoussadi devenu symbole des défis urbains de la capitale économique. Entre étals désordonnés, caniveaux obstrués, risques d’inondations, menaces d’incendies et insalubrité persistante, les commerçants et riverains vivent quotidiennement dans des conditions précaires. Face à cette réalité, le projet d’un marché moderne apparaissait comme une nécessité urgente pour redonner un visage digne à cette zone commerciale stratégique.


Mais le rêve de modernisation tourne désormais à la confrontation administrative


Le mardi 5 mai 2026, les équipes mandatées pour le recensement des commerçants ont effectué une descente sur le site. Une opération qui a surpris de nombreux commerçants, certains dénonçant un manque total d’information préalable. « Nous avons découvert cela sur place. Aucun document officiel ne nous a été présenté », confie un vendeur visiblement inquiet.

Pendant ce temps, des équipes de la Communauté Urbaine de Douala ont également été aperçues sur le terrain, renforçant l’impression d’un profond malaise institutionnel autour du contrôle de cet espace marchand. Pour plusieurs responsables de commerçants, le flou entretenu autour du projet risque de semer la confusion et d’alimenter les tensions.

Selon plusieurs sources, le maire Richard Mfeugwang s’appuierait sur le titre foncier n°26326 anciennement détenu par la MAETUR pour porter son projet de construction du marché moderne. Une démarche que conteste fermement la CUD.

Dans une note d’information officielle, le Dr Roger Mbassa Ndine rappelle que ce titre foncier a été annulé depuis 2023 par le ministère des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières. Le terrain aurait ensuite été réattribué à la Communauté Urbaine de Douala dans le cadre de la reconstitution de la réserve foncière destinée aux équipements publics.



La Ville de Douala soutient ainsi que :


- le titre foncier initial appartenait à la MAETUR et non à la CAD 5 ;

- ce titre a été officiellement annulé par arrêté ministériel ;

- le terrain a été transféré à la CUD avec notification au préfet du Wouri ;

- un certificat de propriété établit désormais clairement les droits de la CUD sur cet espace.

Cette sortie musclée du Maire de la Ville intervient dans un contexte où la CUD multiplie les actions pour protéger les espaces destinés aux équipements collectifs. Le récent atelier organisé au Palais de la Culture Sawa sur la préservation des réserves foncières publiques en est une illustration forte. Autorités administratives, chefs traditionnels et acteurs fonciers y avaient été sensibilisés sur les dangers liés aux occupations anarchiques et aux conflits de compétence.

Derrière cette affaire foncière, c’est aussi la question du leadership urbain qui se pose à Douala. Qui doit réellement piloter les grands projets marchands de la capitale économique ? Les communes d’arrondissement peuvent-elles agir sans l’aval de la Ville de Douala sur des espaces stratégiques relevant des équipements publics ?

Pendant que les autorités se disputent les prérogatives, les commerçants, eux, attendent toujours des réponses concrètes. Tous espèrent une seule chose : voir enfin émerger un marché moderne, sécurisé et organisé, capable de répondre aux ambitions d’une métropole en pleine mutation.


L'ordre règnera t-il ?


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