100,59 MILLIARDS DE FCFA DE BUDGET, 12 KM DE ROUTES ANNONCÉS ET UN AVERTISSEMENT À GENELCAM

Cadre de vie, voirie, éclairage public et salubrité : la Communauté urbaine de Douala prépare son budget 2027 autour des besoins prioritaires des populations. Face à la dégradation des chaussées et aux difficultés persistantes de collecte des ordures ménagères, le maire de la ville, le Dr Roger Mbassa Ndinè, annonce une intensification des actions et met en garde l’entreprise GENELCAM, appelée à améliorer ses performances.
100,59 milliards de FCFA en autorisations d’engagement, 92,15 milliards en crédits de paiement, 45,664 milliards de recettes effectivement recouvrées au 30 septembre 2026 : les chiffres présentés par le maire de la ville de Douala, le Dr Roger Mbassa Ndinè, donnent la mesure des enjeux financiers auxquels fait face la Communauté urbaine de Douala (CUD). Derrière ces indicateurs budgétaires se dessine une ambition : améliorer durablement le cadre de vie des habitants de la capitale économique, dans un contexte marqué par la dégradation des infrastructures routières, les difficultés d’assainissement et les attentes croissantes des populations.
Réunis le 22 octobre 2026 au Palais de la Culture Sawa, à l’occasion de la session plénière du troisième trimestre du Conseil de communauté, les conseillers ont été édifiés sur l’état d’exécution du budget 2026 et les grandes orientations du prochain exercice. Pour l’exécutif communautaire, l’enjeu est désormais de transformer les ressources disponibles en réalisations concrètes, visibles et durables dans les différents quartiers de Douala.
2027 : des investissements au plus près des préoccupations des populations
La vision défendue par le maire de la ville repose sur une approche pragmatique : concentrer les efforts sur les problèmes qui affectent quotidiennement les habitants. Routes dégradées, éclairage public insuffisant, ordures ménagères, désordre urbain et détérioration du paysage urbain constituent les principaux chantiers annoncés pour 2027.
« Notre stratégie budgétaire vise tout naturellement à accroître nos ressources, en vue de répondre toujours mieux aux attentes exprimées par les populations », a souligné le Dr Roger Mbassa Ndinè.
Cette ambition s’inscrit dans une logique de gouvernance participative, que l’exécutif de la CUD présente comme un outil permettant de mieux identifier les besoins des citoyens et d’adapter les interventions municipales aux réalités du terrain.
Sur le volet routier, plusieurs actions sont envisagées, notamment la poursuite des travaux sur des axes structurants, à l’instar de la route Logbessou-Banguè, en passant par Lendi, ainsi que le projet de voie rapide sur les berges du Wouri. La réparation des chaussées endommagées, l’aménagement des ouvrages d’assainissement, le renouvellement du marquage au sol et l’installation de ralentisseurs dans les zones à forte fréquentation figurent également parmi les priorités.
À ces interventions s’ajoute l’amélioration de l’éclairage public, accompagnée d’un renforcement de la signalisation routière et du fonctionnement des feux tricolores. Autant de mesures destinées à rendre les déplacements plus sûrs et à améliorer les conditions de circulation dans la métropole.
Voirie : une reprise des travaux annoncée dès novembre
Face aux critiques sur l’état des routes, le maire de la ville distingue les conséquences de la longue saison des pluies des difficultés plus structurelles liées à l’entretien et à la modernisation des infrastructures.
« Dès le mois de novembre, nous allons reprendre les travaux », a annoncé le Dr Roger Mbassa Ndinè, estimant que les critiques liées à la dégradation des chaussées devraient, pour l’essentiel, s’atténuer d’ici janvier.
Le magistrat municipal a également évoqué la reconstruction annoncée de 12 kilomètres de routes dans le cadre du projet de Bus Rapid Transit (BRT), une perspective présentée comme un levier supplémentaire pour améliorer le réseau routier urbain.


Au-delà de la réfection des chaussées, la durabilité des ouvrages constitue désormais un enjeu central. L’objectif affiché est de ne plus limiter l’action municipale à des interventions ponctuelles, mais de renforcer la qualité des aménagements et leur résistance aux intempéries.
GENELCAM sous pression : la CUD brandit la menace de mesures contraignantes
C’est toutefois sur le front de la propreté urbaine que le ton du maire s’est fait particulièrement ferme. Dans la commune d’arrondissement de Douala IV, les difficultés rencontrées par GENELCAM, entreprise chargée de la collecte des ordures ménagères, préoccupent l’exécutif communautaire.
Selon les chiffres avancés par le maire, la mobilisation des équipements de l’entreprise serait passée de 11 % à un peu plus d’un tiers. Une progression jugée insuffisante au regard des engagements attendus et des besoins des populations.
« Sur l’enlèvement des ordures, GENELCAM a des difficultés, mais ils ont fait une progression dans la mobilisation de leurs équipements, progression qui est passée de 11 % à un peu plus d’un tiers, ça reste insuffisant. Je leur ai fait une lettre d’avertissement : s’ils n’améliorent pas la situation, nous serons obligés de prendre certaines mesures », a averti le Dr Roger Mbassa Ndinè.
Cette mise en garde traduit la volonté de la CUD d’obtenir des résultats plus probants des opérateurs chargés de la collecte des déchets. Pour les habitants, les conséquences des insuffisances du service sont particulièrement visibles lorsque les ordures s’accumulent sur la voie publique, avec des répercussions sur la salubrité des quartiers et le cadre de vie. La municipalité entend donc renforcer le suivi des prestations et accélérer les mesures susceptibles de rétablir un service plus régulier. La collecte des déchets apparaît ainsi comme l’un des dossiers prioritaires du prochain exercice budgétaire.
Assainissement : prévenir les inondations et reconquérir les espaces publics
L’amélioration de la propreté ne se limite pas à l’enlèvement des ordures ménagères. La CUD prévoit également d’intensifier le curage des drains et des caniveaux, de dégager les avaloirs d’assainissement du pont sur le Wouri et d’augmenter significativement le nombre de bacs à ordures.
L’aménagement de points de regroupement des déchets issus de la précollecte doit également faciliter leur enlèvement par les opérateurs. En parallèle, l’entretien des espaces verts, l’élagage des arbres et la lutte contre les nuisances sonores et olfactives devraient contribuer à rendre les quartiers plus agréables à vivre.
La lutte contre le désordre urbain constitue un autre axe d’intervention. Elle passera notamment par le contrôle de la conformité des constructions, l’enlèvement des objets encombrants abandonnés sur les voies publiques et l’amélioration de la signalisation.
La CUD envisage par ailleurs la pose de fresques murales sur l’enceinte du port de Douala, le long du boulevard Leclerc, dans une démarche d’embellissement et de valorisation du paysage urbain.


Des ambitions confrontées à la contrainte des ressources
Si les priorités sont nombreuses, leur réalisation dépendra largement de la capacité de la municipalité à mobiliser effectivement les financements nécessaires. Au 30 septembre 2026, sur 72,57 milliards de FCFA de recettes émises, les recouvrements s’établissaient à 45,664 milliards de FCFA. Du côté des dépenses, les engagements atteignaient 42 milliards de FCFA, pour 35,67 milliards de FCFA d’ordonnancements et 32,86 milliards de FCFA de règlements effectifs.
Le maire a reconnu que les performances budgétaires des neuf premiers mois de l’année étaient loin d’être satisfaisantes. Les tensions de trésorerie de l’État, les retards de paiement et le ralentissement de l’investissement public compliquent la mobilisation des ressources nécessaires à l’action municipale.
Pour 2027, l’exécutif entend donc améliorer le rendement des recettes propres, notamment celles liées aux permis de construire, aux amendes pour constructions irrégulières, aux emplacements publicitaires, à l’occupation des parkings et à la dégradation des chaussées.
L’objectif est de dégager des marges de manœuvre supplémentaires pour financer les interventions prioritaires, tout en maintenant une gestion prudente de l’endettement.
Douala face au défi de la transformation urbaine
À travers les orientations budgétaires présentées au Conseil de communauté, la CUD entend faire de l’amélioration du cadre de vie un axe structurant de son action en 2027. Routes praticables, quartiers plus propres, drains entretenus, éclairage renforcé et espaces publics mieux aménagés constituent les principaux résultats attendus.
Mais entre les annonces et les réalisations, la mobilisation des ressources, le respect des délais et l’efficacité des entreprises prestataires seront déterminants. Le cas de GENELCAM illustre notamment les exigences de suivi et de redevabilité auxquelles la municipalité entend soumettre les opérateurs.
L’ambition est claire : faire en sorte que les investissements municipaux se traduisent par des changements perceptibles dans le quotidien des Doualais. La prochaine étape sera celle de la concrétisation, avec un budget 2027 appelé à répondre aux urgences urbaines tout en préparant une ville plus fonctionnelle, plus propre et plus attractive.
Vichal DIKOBO S
699233518/670376078



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