Immeubles menaçant ruine à Douala : 6 morts, l'incivisme coûte des vies, la Communauté Urbaine annonce la fermeté.
- Vichal Dikobo
- il y a 19 heures
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Le drame survenu dans la nuit du vendredi 10 au samedi 11 juillet au quartier Bonamoussadi, derrière l'hôtel Saint James, remet avec brutalité au cœur du débat la question du respect des mesures de sécurité édictées par les autorités municipales. Le bilan provisoire de six morts et plusieurs blessés illustre les conséquences dramatiques de l'incivisme et du non-respect des décisions administratives destinées à protéger les populations.
À peine informée de l'effondrement de l'immeuble, la Communauté Urbaine de Douala a immédiatement activé son dispositif d'urgence. Les services techniques municipaux, les sapeurs-pompiers, la Police nationale, la Gendarmerie nationale, la Police municipale ainsi que la Régie des Routes de la Communauté Urbaine de Douala, sous la coordination de Madengue Ndutu, ont travaillé sans relâche pour secourir les victimes, sécuriser le périmètre et prévenir tout nouveau danger.
Les opérations ont permis d'extraire plusieurs personnes des décombres avant leur évacuation vers des structures hospitalières. Malgré cette mobilisation exemplaire, six personnes ont malheureusement perdu la vie.
Selon les autorités municipales, cet immeuble figurait déjà parmi les bâtiments déclarés menaçant ruine. Les occupants avaient été officiellement sommés de quitter les lieux et le bâtiment avait été placé sous scellés afin d'empêcher toute occupation.
Les premières investigations révèlent toutefois que certaines personnes avaient réintégré clandestinement les appartements, en violation des décisions prises par la mairie. Un comportement qui, selon les responsables municipaux, a directement exposé les occupants à un danger mortel.
Le témoignage poignant d'une rescapée vient confirmer cette réalité. Elle reconnaît que les habitants avaient été notifiés aussi bien par la Mairie de la ville que par le fils du propriétaire, lequel avait cessé de percevoir les loyers et averti les occupants qu'il ne pourrait être tenu responsable en cas d'accident. Faute de solution de relogement, plusieurs familles avaient néanmoins choisi de rester dans cet immeuble pourtant reconnu dangereux depuis plusieurs années.


Présent sur les lieux du sinistre, le maire de la commune d'arrondissement de Douala V a salué la rapidité de la réaction de la Communauté Urbaine de Douala ainsi que l'engagement personnel du maire de la ville, qui a immédiatement mobilisé les engins nécessaires aux opérations de secours. Il s'est ensuite rendu à l'Hôpital Général de Douala afin de s'enquérir de l'état de santé des blessés. Le Dr Kemta Lekpa Fernand, rhumatologue, a indiqué que les victimes prises en charge présentaient principalement des traumatismes et bénéficiaient des soins appropriés.
Au-delà de l'émotion, ce drame marque un tournant dans la politique municipale de lutte contre les constructions dangereuses. Les autorités annoncent l'identification systématique des immeubles menaçant ruine, leur évacuation immédiate ainsi que leur démolition lorsque les conditions techniques l'exigeront. Plusieurs bâtiments signalés par les populations feront d'ailleurs l'objet de contrôles dans les prochains jours.
La Communauté Urbaine de Douala rappelle que les arrêtés municipaux relatifs aux bâtiments dangereux ne sont ni facultatifs ni négociables. Ils visent exclusivement à préserver des vies humaines. Leur violation constitue une grave atteinte aux règles de sécurité publique.


La mairie de la ville lance ainsi un avertissement solennel : toute personne qui bravera les mesures d'évacuation, forcera les scellés ou favorisera la réoccupation d'un immeuble déclaré menaçant ruine s'exposera désormais à des sanctions administratives et judiciaires prévues par les textes en vigueur. La protection des populations demeure une priorité absolue, et aucune complaisance ne sera désormais tolérée face à l'incivisme qui met des vies en danger.
VICHAL DIKOBO S.
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