Ma langue, mon identité : à Souza, la langue Bankon reprend vie entre les mains des nouvelles générations
- Vichal Dikobo
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À Souza, dans l'arrondissement de Bonaléa, la sauvegarde du patrimoine culturel est désormais une réalité qui s'écrit en langue maternelle. Le samedi 4 juillet 2026, l'École publique anglophone de Souza a servi de cadre au lancement officiel de la quatrième édition des cours d'apprentissage de la langue Bankon. Placée sous le thème évocateur « Ma langue, mon identité », cette initiative a réuni autorités administratives, traditionnelles, religieuses, enseignants, parents et apprenants autour d'un même idéal : préserver une langue ancestrale menacée de disparition.
Dès les premières heures de la cérémonie, l'ambiance traduisait une volonté commune de redonner toute sa place au Bankon, véritable marqueur de l'identité culturelle des peuples de Bonaléa et du Moungo. Au-delà d'un simple programme de vacances, cette école de langue est devenue un espace de transmission des savoirs, des valeurs et de l'histoire d'un peuple.
À l'origine de cette initiative, le maire de Bonaléa, Ernest Mpocko, n'a pas caché sa satisfaction devant les résultats enregistrés depuis le lancement du projet au début de son mandat.
« Je suis un maire heureux, heureux de voir que l'initiative que j'ai prise au début de ma mandature porte ses fruits au-delà de mes espérances. Nous avons pensé qu'il était important d'inculquer la langue maternelle aux générations qui viennent après nous », a-t-il déclaré.
Face à la domination croissante des langues française et anglaise dans le quotidien des jeunes, l'édile entend faire de la langue Bankon un héritage vivant plutôt qu'un simple souvenir du passé. Il a d'ailleurs annoncé plusieurs améliorations pour cette quatrième édition, notamment en ce qui concerne les activités pédagogiques et l'excursion culturelle, afin d'offrir aux apprenants une expérience encore plus enrichissante que celle de l'année précédente.


Pour les enfants comme pour les adultes inscrits à cette formation, apprendre le Bankon représente bien plus que l'acquisition d'une langue. C'est une véritable reconnexion avec leurs racines.
« La langue me permet de connaître ma tradition et ma culture », confie un jeune apprenant, tandis que plusieurs participants encouragent déjà leurs frères, sœurs et amis à rejoindre cette aventure, convaincus que la langue maternelle demeure leur plus précieux héritage.
Chargé de conduire les enseignements, le pédagogue Muledi Eyoum Ndando nourrit de grandes ambitions pour cette nouvelle promotion.
« Nos objectifs varient selon les catégories d'âge, puisque nous accueillons des enfants, des adolescents et des adultes. Mais au terme de la formation, nous voulons que chacun soit capable de s'exprimer distinctement et avec aisance en langue Bankon. Nous avons déjà des adultes qui parlent correctement cette langue, ce qui constitue un encouragement pour tous », explique-t-il.


Les cours poursuivent plusieurs objectifs : développer la pratique du Bankon dans toutes les couches sociales, renforcer l'identité culturelle des populations et contribuer à la politique nationale de promotion des langues et cultures nationales.
Langue bantoue parlée principalement dans le département du Moungo, notamment dans l'arrondissement de Bonaléa, ainsi que dans certaines localités du Littoral, le Bankon possède une riche histoire linguistique. Sa grammaire fut codifiée dès 1912 par un missionnaire allemand, avant de faire l'objet de nombreuses recherches universitaires dans les années 1980. Malgré l'existence de plusieurs ouvrages, cette langue est aujourd'hui considérée comme menacée, ce qui renforce l'urgence des actions de revitalisation engagées par les acteurs locaux.


La cérémonie de lancement s'est déroulée en présence de nombreuses personnalités, parmi lesquelles l'Inspecteur régional chargé des Langues et Cultures nationales pour le Littoral, M. Ehoubo, le représentant du Chef supérieur Barombi, Mpah Ebenezer Ngos, le chef de Mbonjo I, Sa Majesté Eyondi Epane, Chief Kuru Georges, des responsables des paroisses EEC de Mangamba et de Bonaberi-Souza, ainsi que le président de l'association APACBA, Samnick Kak Pierre François.
À travers cette quatrième édition placée sous le thème « Ma langue, mon identité », Bonaléa confirme que la renaissance culturelle passe d'abord par la transmission de la langue maternelle. Un engagement fort qui permet à la langue Bankon de retrouver progressivement sa place dans les familles, les écoles et le cœur des jeunes générations, garantes de la mémoire et de l'avenir de tout un peuple.
VICHAL DIKOBO S.
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