DOUALA FACE AU DÉFI DES MOTOS-TAXIS
- Vichal Dikobo
- il y a 7 jours
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Entre incivisme routier et volonté affirmée de professionnalisation
Ville économique du Cameroun et carrefour stratégique de mobilité, Douala est aujourd’hui confrontée à un phénomène urbain aussi indispensable que problématique : la prolifération des motos-taxis. Si ces engins constituent un maillon essentiel du transport urbain et une source de revenus pour des milliers de jeunes, leur expansion incontrôlée s’accompagne d’un incivisme routier préoccupant, mettant quotidiennement en péril la sécurité des usagers et des piétons.
Conscient de l’urgence, le Maire de la Ville, Dr Roger MBASSA NDINE, a engagé une offensive structurée visant à assainir et professionnaliser ce secteur devenu difficile à maîtriser, avec l’appui stratégique de l’Union européenne.
Former pour mieux réguler : une approche responsable.
Le constat dressé par les autorités municipales est sans complaisance. Estimées à plus de 70 000 à travers la métropole, les motos-taxis se sont imposées dans le paysage urbain, mais au prix d’un relâchement généralisé du respect du code de la route. Feux tricolores ignorés, circulation anarchique sur les trottoirs, surcharges dangereuses – parfois avec des enfants – et non-port du casque sont devenus monnaie courante, souvent avec la passivité, voire la complaisance des passagers.
Face à cette dérive, le Maire de Douala a choisi une réponse courageuse et pragmatique : la formation. Le 18 novembre 2025, la Communauté Urbaine de Douala a lancé, avec le soutien de l’Union européenne, un vaste programme de formation de 5 000 conducteurs de motos-taxis, sanctionné par la délivrance d’un permis de conduire. Une première à grande échelle, pensée pour structurer un secteur éclaté, marqué par la multiplicité des syndicats et l’absence de normes communes.
« C’est une très bonne initiative. Nous espérons qu’après la formation, les conducteurs respecteront davantage le code de la route », témoigne un bénéficiaire, visiblement conscient de l’enjeu collectif.
Un chantier de longue haleine, mais une vision claire
Si l’initiative est largement saluée, elle n’en demeure pas moins perfectible, notamment sur le plan de la communication. À Bonabéri, Mathias, conducteur de moto-taxi, regrette un déficit d’information : « Dans notre camp, nous n’avons pas été informés ». Une remarque prise en compte par la municipalité, qui entend élargir la portée du programme.
Au-delà de la formation, la Ville de Douala prévoit une modernisation des infrastructures routières, avec l’installation de nouveaux feux tricolores, couplée à une vaste campagne de sensibilisation. Une phase répressive, ciblée et progressive, pourrait suivre, afin d’imposer durablement le respect des règles.
Responsabiliser aussi les passagers
Dans cette dynamique, les usagers sont également interpellés. Le Maire appelle les passagers à devenir des acteurs du changement, en exigeant le respect de la vitesse réglementaire, le port du casque et une conduite responsable. Car la sécurité routière est une responsabilité partagée.
Si le chemin vers une mobilité urbaine apaisée reste long, la volonté politique affichée est claire : réduire les accidents, sauver des vies et faire des motos-taxis un véritable secteur professionnel, intégré et respectueux des règles. À Douala, le défi est immense, mais l’engagement est à la hauteur des enjeux.
VICHAL DIKOBO S
699233518/670376078



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