BABENGA : Hilaire TOBO, désigné nouveau Chef du village.
- Vichal Dikobo
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Entre tradition et administration, la désignation du nouveau chef ravive les tensions
Le village Babenga, situé dans l’arrondissement de Dibombari, traverse une période de fortes turbulences autour de la succession à la chefferie traditionnelle. À l’issue d’une consultation organisée en présence du sous-préfet de l’arrondissement de Dibombari, TOBO Dibounje Hilaire a été désigné nouveau chef du village par une partie de la notabilité locale.
Il remplace ainsi Sa Majesté Jean Claude Modi Dissake, destitué par décision administrative en janvier 2026 par le préfet du Moungo, à la suite de plusieurs plaintes formulées par des natifs du village. Ces dénonciations portaient principalement sur des accusations de mauvaise gestion, notamment en matière foncière, un sujet particulièrement sensible dans cette localité en pleine mutation.
La rencontre qui a conduit à la désignation de TOBO Dibounje Hilaire s’est tenue en présence des autorités administratives et des populations. Initialement prévue le 13 février 2026, la consultation a finalement eu lieu ce jour, dans un climat marqué par des divergences profondes entre les différentes composantes du village.
Cependant, cette désignation est loin de faire l’unanimité. La famille régnante conteste vigoureusement la procédure, affirmant ne pas avoir été consultée dans le processus. Pour ses membres, la décision prise ne respecterait ni les usages traditionnels ni l’équilibre qui prévalait jusque-là au sein de la lignée appelée à assurer la continuité de la chefferie.
Face à ces contestations, les partisans du nouveau chef soutiennent au contraire que la vacance du trône ouverte par la destitution de l’ancien chef justifiait une nouvelle consultation. Selon eux, TOBO Dibounje Hilaire, considéré comme un ayant-droit, a bénéficié du soutien d’une frange importante des natifs de Babenga.
Au-delà de la question de la légitimité, les tensions actuelles semblent également alimentées par des rivalités internes liées à la gestion des terres.

Plusieurs témoignages recueillis sur place évoquent des accusations mutuelles entre camps rivaux, chacun reprochant à l’autre des pratiques controversées dans la gestion du patrimoine foncier du village.
Dans ce climat de suspicion, un nom revient régulièrement dans les discussions : celui de Mme Amougou, que certains habitants accusent d’avoir contribué à attiser les divisions en influençant certains villageois. Des accusations qui, pour l’heure, restent du domaine des témoignages et alimentent davantage la polémique.
Lors de la rencontre avec les populations, le sous-préfet de l’arrondissement de Dibombari, Jean Philippe Ngoo Mebe a tenu à rappeler que les règles de succession à Babenga ne sont pas strictement limitées à une transmission de père en fils. Selon les usages locaux, la succession peut être à la fois verticale et horizontale, à l’instar de certaines pratiques observées dans les villages voisins comme Bwanga. Une précision qui, selon l’administration, justifie la procédure engagée.
Cette affaire met une nouvelle fois en lumière la délicate articulation entre autorité administrative et légitimité traditionnelle, dans un contexte où les enjeux fonciers et les rivalités familiales peuvent rapidement fragiliser la cohésion communautaire.
Autrefois réputée pour son unité, la famille liée à la chefferie de Babenga apparaît aujourd’hui profondément divisée, reflétant les tensions qui traversent désormais l’ensemble du village.
Reste désormais une question essentielle : TOBO Dibounje Hilaire parviendra-t-il à rassembler les populations et à restaurer la sérénité à Babenga, ou cette succession marquera-t-elle le début d’une fracture durable au sein de la communauté ?
L’évolution de la situation sera suivie avec attention par les autorités administratives comme par les populations locales.
Affaire à suivre.
VICHAL DIKOBO S
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