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CONSEIL RÉGIONAL DU LITTORAL : QUATRE JOURS DE TRAVAUX POUR CONSOLIDER LA GOUVERNANCE ET ACCÉLÉRER LE DÉVELOPPEMENT RÉGIONAl

Examen des comptes de l’exercice 2025, renforcement de l’administration régionale, mobilisation des ressources, gestion des équipements et prise en compte des changements climatiques : la deuxième session ordinaire du Conseil Régional du Littoral, tenue du 4 au 7 août 2026 à Douala, aura posé plusieurs jalons importants dans la consolidation de la décentralisation et de l’action publique régionale.


Pendant quatre jours, le Conseil Régional du Littoral a été au cœur d’un exercice majeur de gouvernance locale : rendre compte, évaluer, contrôler et préparer l’avenir. Présidés par l’Honorable Polycarpe BANLOG, les travaux de la deuxième session ordinaire de l’exercice 2026 étaient principalement consacrés à l’examen et au vote des comptes de l’exercice clos au 31 décembre 2025.


Une session placée sous le signe de la responsabilité, de la transparence et de la performance, conformément aux exigences du processus de décentralisation engagé au Cameroun.


Une session consacrée à la redevabilité


Après l’adoption du budget, les sessions consacrées à l’examen des comptes constituent un moment essentiel dans la vie d’une collectivité territoriale décentralisée. Elles permettent à l’organe délibérant d’apprécier la manière dont les ressources publiques ont été mobilisées et utilisées, mais également de mesurer la cohérence entre les orientations arrêtées, les autorisations budgétaires et les réalisations effectives.

C’est dans cette perspective que les Conseillers Régionaux du Littoral ont examiné successivement le compte administratif de l’ordonnateur, le compte de gestion du comptable public ainsi que le compte de gestion-matières.


Le représentant de l’État a d’ailleurs insisté, à l’ouverture des travaux, sur la nécessité d’une évaluation objective et rigoureuse des comptes. Pour le Gouverneur de la Région du Littoral, cette démarche de redevabilité doit permettre de tirer les enseignements de l’exercice écoulé et, le cas échéant, d’opérer les réajustements nécessaires à la bonne exécution du budget en cours.

Une exigence qui s’inscrit pleinement dans la vision d’une administration régionale davantage orientée vers les résultats et l’amélioration des conditions de vie des populations.


Des indicateurs budgétaires en progression


Les données présentées au cours des travaux témoignent d’une progression de l’activité financière du Conseil Régional du Littoral.

Le budget primitif de l’exercice 2025 avait été arrêté à 5,086 milliards de FCFA en recettes et en dépenses. Après intégration notamment du résultat budgétaire excédentaire de l’exercice 2024, le budget définitif a été porté à environ 5,522 milliards de FCFA.


Au terme de l’exercice, les recettes enregistrées dans les écritures du comptable public affichent un taux de recouvrement de 75,46 %, contre 48,19 % en 2024, soit une progression de plus de 27 points. Du côté des dépenses, le taux d’exécution atteint 80,47 %, contre 40,73 % l’année précédente.

Ces chiffres traduisent une montée en puissance progressive de l’administration régionale dans la maîtrise des procédures financières et dans l’exécution de ses missions.

Le compte administratif présenté par l’ordonnateur fait également ressortir des titres de recettes émis en régularisation à hauteur de plus de 4,522 milliards de FCFA, tandis que les dépenses exécutées s’élèvent à plus de 4,443 milliards de FCFA.


Les Conseillers Régionaux ont toutefois relevé plusieurs points d’attention, notamment la nécessité d’améliorer davantage le recouvrement des recettes et de renforcer la capacité de mobilisation des ressources propres.


La mobilisation des ressources au cœur des priorités


Conscient que la réussite des politiques publiques régionales dépend largement de la disponibilité des ressources financières, le Conseil Régional du Littoral entend désormais renforcer ses mécanismes de mobilisation des recettes.

La session a ainsi permis d’engager la mise en place de l’Unité de Suivi de la Fiscalité Locale (USFL). Cette structure devrait contribuer à une meilleure connaissance de l’assiette fiscale, au suivi des recettes et à l’amélioration des performances de mobilisation des ressources.

Le renforcement des recettes apparaît comme un enjeu stratégique pour permettre au Conseil Régional de financer durablement ses projets structurants et de répondre aux attentes des populations des quatre départements du Littoral.

Dans le même esprit, le Conseil a également décidé de mettre en place une régie chargée de l’exécution des projets et de la gestion du parc des engins et équipements de génie civil.

Cette nouvelle structure devrait permettre à l’institution régionale de disposer d’un outil opérationnel supplémentaire pour accompagner la réalisation de ses projets d’investissement et optimiser l’utilisation de ses équipements.


Une administration régionale qui se structure


Autre fait majeur de cette deuxième session : la consolidation de l’appareil administratif du Conseil Régional.

Trois hauts responsables récemment nommés ont été officiellement installés dans leurs fonctions. Il s’agit de Djocki Kingue Jacques Fritz, Directeur du Développement Économique et Social ; Joki Jacques Pascal, Chef de la Division des Infrastructures et de l’Aménagement Régional ; et Noma Disso Emmanuel, Directeur des Affaires Générales.

La Directrice de l’Office Régional du Tourisme du Littoral, Ebende Kouedi Sandrine Sara, également nommée, sera installée ultérieurement.


Ces nominations constituent une étape importante dans la construction progressive d’une administration régionale professionnelle, spécialisée et capable de porter les ambitions de développement du Littoral.

Le Président du Conseil Régional a rendu hommage au Secrétaire Général et au Receveur Régional, qui ont assuré le fonctionnement de l’institution durant sa phase de démarrage, avec l’appui d’un personnel constitué jusque-là de ressources mises à disposition et de personnels bénévoles.


La mise en place progressive des directions techniques marque ainsi le passage vers une administration régionale davantage structurée autour de compétences spécialisées.


Investissements : renforcer le suivi et l’efficacité


La question de l’investissement a occupé une place importante dans les échanges.

Le Président Polycarpe BANLOG a annoncé le renforcement du suivi de l’exécution des projets d’investissement, notamment à travers la Division des Infrastructures et de l’Aménagement Régional.


L’objectif est clair : assurer une meilleure traçabilité des projets, suivre leur niveau d’exécution et garantir une utilisation optimale des ressources consacrées aux investissements.

L’administration régionale devra également procéder à un état d’exécution des différentes délibérations adoptées par le Conseil, afin de permettre à l’organe délibérant de disposer d’une vision précise de la mise en œuvre de ses décisions.

Cette démarche traduit la volonté d’instaurer une véritable culture du suivi-évaluation au sein de l’institution.


Des Conseillers mieux outillés pour exercer leur mandat


La session n’a pas été uniquement consacrée aux questions financières. Elle a également comporté un séminaire de renforcement des capacités des Conseillers Régionaux.

Trois thématiques ont été abordées : les missions et prérogatives de l’organe délibérant et de l’administration régionale, les opportunités de coopération décentralisée avec la Francophonie et la mise en place de l’Unité de Suivi de la Fiscalité Locale.

Ces communications ont permis de renforcer les connaissances des Conseillers Régionaux et de clarifier davantage les responsabilités respectives de l’organe délibérant et de l’administration.

La démarche participe d’une volonté plus large de professionnaliser l’exercice du mandat régional et de donner aux Conseillers les outils nécessaires à l’accomplissement de leurs missions d’orientation, de décision et de contrôle.


Le climat désormais intégré dans la stratégie régionale


L’un des temps forts de la session aura également été la signature d’une convention-cadre de collaboration entre le Conseil Régional du Littoral et l’Observatoire National sur les Changements Climatiques (ONACC).

À travers cet accord, l’institution régionale entend mieux intégrer les données et les enjeux liés aux changements climatiques dans ses politiques publiques et ses projets de développement.


Pour une région fortement urbanisée, confrontée à des enjeux liés aux inondations, à l’érosion, à l’assainissement, à l’aménagement du territoire et à la résilience des infrastructures, la prise en compte du facteur climatique apparaît désormais comme une nécessité.


Cette collaboration devrait notamment permettre au Conseil Régional de disposer d’un meilleur accompagnement technique dans l’anticipation et la gestion des effets des changements climatiques.

Le développement régional devra ainsi être pensé dans une perspective durable, conciliant croissance économique, protection de l’environnement et résilience des territoires.


Plus de sept hectares pour le futur siège du Conseil Régional


La session s’est achevée sur une annonce particulièrement significative pour l’avenir de l’institution.

Le Président du Conseil Régional a annoncé la mise à disposition, par le Ministère des Domaines, du Cadastre et des Affaires Foncières, d’une assiette foncière de plus de sept hectares au lieu-dit Bois des Singes, destinée à accueillir le futur siège du Conseil Régional du Littoral.

Cette acquisition foncière ouvre ainsi la perspective de la construction d’une infrastructure institutionnelle à la hauteur des missions et des ambitions de la Région.

Au-delà de la dimension immobilière, le futur siège devrait symboliser l’enracinement progressif de l’institution régionale et la consolidation de la décentralisation dans le Littoral.


Une reconnaissance républicaine pour le Président Polycarpe BANLOG


La deuxième session ordinaire a également été marquée par une distinction honorifique accordée au Président du Conseil Régional.

Au nom du Président de la République, Son Excellence Paul BIYA, le Gouverneur de la Région du Littoral lui a décerné la médaille de Chevalier de l’Ordre National de la Valeur, au titre du 20 mai 2026.

Cette distinction est venue donner une dimension particulière à l’ouverture des travaux et saluer l’engagement du président de l’institution régionale dans l’exercice de ses responsabilités.


Une institution régionale tournée vers la prochaine étape


Au terme de quatre jours de travaux, le Conseil Régional du Littoral entend désormais capitaliser sur les enseignements de l’exercice 2025 pour renforcer l’efficacité de son action en 2026.


La prochaine étape sera notamment consacrée à l’évaluation à mi-parcours du fonctionnement de l’institution et à la préparation du débat d’orientation budgétaire.

La feuille de route se dessine ainsi autour de plusieurs priorités : améliorer la mobilisation des ressources, renforcer le suivi des investissements, assurer l’exécution effective des délibérations, professionnaliser davantage l’administration régionale, développer les partenariats et intégrer les impératifs environnementaux dans les politiques publiques.


En clôturant les travaux, le Président Polycarpe BANLOG a insisté sur la nécessité de poursuivre l’action collective engagée au service du développement du Littoral et de l’amélioration des conditions de vie des populations.

Après plusieurs années consacrées à la mise en place progressive de ses structures, le Conseil Régional du Littoral entre ainsi dans une nouvelle phase : celle de la consolidation institutionnelle, de l’efficacité administrative et de la traduction concrète de la décentralisation en résultats tangibles sur le terrain.


Une dynamique qui place désormais l’institution devant une responsabilité majeure : transformer les acquis institutionnels, les ressources disponibles et les mécanismes de gouvernance nouvellement mis en place en projets, en infrastructures et en services directement utiles aux populations du Littoral.



Jeannine YONGO ETHA

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