top of page

BONABÉRI : À LA VEILLE DE LA RENTRÉE, LES ORDURES METTENT LA VILLE SOUS PRESSION


Entre bacs débordants, voies encombrées et inquiétude des riverains, l’insalubrité gagne du terrain à Douala IVe. Les populations en appellent à une intervention urgente du Maire de la Ville, Dr Roger Mbassa Ndinè.

À quelques heures de la rentrée scolaire prévue ce lundi 7 septembre 2026, Bonabéri présente un visage préoccupant. Dans plusieurs quartiers de l’arrondissement de Douala IVe, les déchets ménagers s’amoncellent au bord des routes, autour des points de collecte et à proximité des commerces. Une situation qui inquiète les riverains et fait craindre une rentrée sous le signe de l’insalubrité.


De l’échangeur jusqu’au carrefour Château d’Eau, en passant par les abords de la boulangerie Saker, les tas d’immondices sont devenus particulièrement visibles. À certains endroits, les déchets occupent une partie de la voie publique, compliquant la circulation et exposant les populations aux nuisances liées à l’accumulation des ordures.


Le problème ne date pas d’hier. Mais à l’approche de la rentrée scolaire, il prend une dimension nouvelle. Des milliers d’élèves s’apprêtent à reprendre le chemin des établissements scolaires, tandis que les familles redoutent de voir leurs enfants évoluer dans un environnement fortement dégradé.

Le malaise autour de la collecte des déchets

La colère des populations est d’autant plus forte que la gestion des ordures ménagères repose désormais sur un nouveau dispositif et sur un opérateur privé chargé notamment de la collecte des déchets, du balayage et du nettoyage de certains espaces publics.

Pour les habitants, le constat sur le terrain est difficilement conciliable avec les engagements attendus du prestataire. Bacs saturés, déchets non évacués et multiplication des dépôts sauvages alimentent un sentiment d’abandon.

Au-delà de la polémique sur les performances de l’opérateur, une question demeure : comment assurer efficacement la collecte et l’évacuation des déchets dans un arrondissement aussi vaste et aussi dynamique que Douala IVe ?


C’est précisément sur cette question logistique que plusieurs voix locales souhaitent désormais attirer l’attention des pouvoirs publics.

Douala IVe face au défi de la décharge

Pour Douala Wanga, conseiller municipal à la Commune d’Arrondissement de Douala IVe, président de la Commission des grands travaux et Grand Conseiller à la Mairie de la Ville, la difficulté dépasse la seule capacité du prestataire.


Selon lui, la solution passe notamment par la création d'une infrastructure locale de traitement ou de valorisation des déchets.

« Le véritable problème des ordures dans l’arrondissement de Douala IVe c’est qu’il faut une décharge dans l’arrondissement de Douala IVe », soutient-il, estimant que la distance entre les zones de production des déchets et les sites d’évacuation constitue un handicap majeur.

L’élu plaide ainsi pour une décision permettant de rapprocher les infrastructures de traitement des déchets des populations concernées. Une mesure qui, selon lui, permettrait d'améliorer considérablement l’efficacité de la collecte.

Et si les déchets devenaient une source de richesse ?


Au-delà de l’urgence, Arnaud Kingue Etame, opérateur économique et élite de Douala IVe, invite à repenser entièrement le modèle de gestion des déchets.


Pour lui, Douala ne peut plus gérer son environnement avec des méthodes conçues à partir de données anciennes, alors que la population et l’activité économique connaissent une croissance continue.

Son approche est claire : passer d’une logique de simple évacuation des ordures à une véritable économie des déchets.

Il propose notamment de faire des communautés villageoises des acteurs à part entière de cette chaîne de valeur, en leur permettant de tirer des revenus de la valorisation des déchets et du foncier mobilisé.

« On ne doit plus parler de décharge, on doit parler plus de zones de valorisation des déchets », estime-t-il.


Une vision qui s’appuie également sur le principe du « pollueur-payeur » et sur une implication plus importante des ménages, des industries, des collectivités territoriales et des communautés locales.

Pour l’opérateur économique, la situation actuelle révèle également les limites du dispositif opérationnel mis en place et appelle à davantage de décentralisation dans la gestion environnementale.


« Mbassa Ndinè, nous avons besoin de vous »

Dans les quartiers, le débat institutionnel laisse place à une préoccupation beaucoup plus immédiate : qui va débarrasser les rues des montagnes d’ordures ?


À Ndobo, Mathurin Ngando interpelle directement le Maire de la Ville :

« J’ai voté le Dr Mbassa comme maire de ma ville et je l’appelle à intervenir urgemment. »

À Sodiko Ville, Madame Nyetam lance elle aussi un appel au secours :

« Je supplie mon père Mbassa Ndinè de ne pas nous abandonner. Les ordures sont déjà devant nos portes et même à l’intérieur de nos maisons. »


Ces témoignages traduisent l’impatience grandissante des populations, qui attendent une réponse concrète des autorités municipales.

L’urgence avant la rentrée

À l'heure où les établissements scolaires se préparent à accueillir les élèves, l’enjeu dépasse désormais la seule question esthétique. Il touche à la salubrité des quartiers, à la mobilité des usagers et à la préservation du cadre de vie.

La balle est donc dans le camp des pouvoirs publics. Les populations de Bonabéri souhaitent voir des mesures d’urgence prises pour débarrasser les principaux axes et points noirs des déchets accumulés.


Au-delà de cette intervention ponctuelle, la crise remet sur la table une question structurelle : comment adapter durablement la gestion des déchets à la croissance démographique et urbaine de Douala IVe ?

Entre réponse d’urgence et réforme en profondeur, les habitants attendent désormais des actes. À la veille de la rentrée, Bonabéri ne demande pas seulement que les ordures soient ramassées. Elle réclame une solution durable à un problème qui, au fil des années, est devenu l’un des défis majeurs de la vie urbaine.



Vichal DIKOBO S.

699233518/670376078

 
 
 

Commentaires


bottom of page