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AFFAIRE DU QUARTIER GRAND MOULIN : LES CHEFS SAWA DRESSENT UN BOUCLIER AUTOUR DE BONATEKI ET DÉFENDENT L’ORDRE COUTUMIER

Face aux remous suscités par le projet de désignation d’un chef de 3ᵉ degré au quartier Grand Moulin, les autorités traditionnelles Sawa ont choisi de parler d’une seule voix. Réunis autour de Sa Majesté Ekabouma Njoh Sylvain, chef du village Bonateki, les gardiens de la tradition ont affiché une solidarité sans faille et réaffirmé leur attachement au respect des règles coutumières qui fondent l’organisation des communautés autochtones du Wouri.


Cette mobilisation exceptionnelle traduit la volonté des chefs de préserver l’harmonie sociale et de protéger les équilibres traditionnels hérités des ancêtres. Pour eux, toute initiative touchant à la structuration des chefferies doit impérativement s’inscrire dans le respect des usages, des textes coutumiers et du dialogue avec les autorités légitimes.

Prenant la parole à l’issue des échanges, Sa Majesté, le chef du village Sodiko, a souligné la portée historique de cette rencontre. « C’était important de s’asseoir, d’échanger, de comprendre le problème et éventuellement d’entamer un dialogue avec les autorités administratives à qui nous réaffirmons notre disponibilité », a-t-il déclaré, rappelant que la concertation demeure la voie privilégiée pour préserver la paix sociale.

Très ému par cette démonstration de fraternité, Sa Majesté Ekabouma Njoh Sylvain a exprimé sa profonde gratitude à ses pairs. Le chef de Bonateki a salué ce soutien qui témoigne de l’unité du peuple Sawa lorsque ses institutions traditionnelles sont confrontées à des défis majeurs. Il a également lancé un appel solennel au respect des textes coutumiers, garants de la stabilité et de la cohésion des communautés.

Derrière cette prise de position collective se dessine une exigence claire : obtenir de l’administration un sursis à toute procédure de désignation d’un chef de 3ᵉ degré à Grand Moulin, afin qu’une concertation approfondie puisse être menée avec les autorités traditionnelles concernées. Pour les chefs Sawa, il ne s’agit pas seulement d’une question administrative, mais d’un enjeu de préservation du patrimoine culturel et institutionnel transmis de génération en génération.


À travers ce front commun, les chefs des villages Sawa rappellent que la tradition n’est pas un vestige du passé, mais un pilier vivant de la gouvernance locale. Leur message est sans équivoque : le dialogue reste ouvert, mais le respect des règles coutumières demeure une condition essentielle pour garantir l’unité des chefferies et la paix au sein du territoire ancestral du Wouri.




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