top of page

À L'école de : "La Tradition" de la maîtresse Yeyɛ MUSINGA MWA TIKI

Dernière mise à jour : 7 mars



"J'aime ma tradition..., je vie ma tradition..., La tradition est le seul héritage ancestral qui nous reste lorsque nous avons tout perdu..., Aurions-nous encore le courage de conjuguer ces verbes en rapport avec : LA TRADITION ; du moins non c'est notre avis après le cours sur LA TRADITION qu'a eu à donner l'historienne, écrivaine et romancière Dr MUSINGA MWA TIKI dans le cadre de l'activité inaugurale de la 7ème édition du Festival MUSINA 2024."


Le vendredi 23 février 2024, un Décor inhabituel est planté au débarcadère de Bonassama. Rangés de chaises face au fleuve "Wouri" on pourrait dire une nouvelle église de réveil. Un temple tout aussi inhabituel fait de matériels locaux : Ɓesosoŋgo = Roseaux, Ŋgonjá = nattes en pailles, Miumbulán = Feuilles mortes de bananier, Túndá = Fougère, Téɓedi = La table sur laquelle est posé deux Ɓéturukaŋ = Les lampes à pétrole. Chaque personne qui arrivait, choisissait sa place sans poser de questions car tout de suite intéressée au documentaire du Festival MUSINA 2023 qui était en projection continue. L'heure donnée est dépassée, c'est alors que le maître des cérémonies voyant l'inquiétude sur les visages des premiers venus, pris le micro pour dire le contexte qui est celui d'une conférence débat sur le thème : "L'importance de la tradition dans le développement individuel et communautaire" que va animer Dr MUSINGA MWA TIKI (Fils précieux), le nom en dit plus et justifier le retard de la conférencière, traditionaliste qui est allée dire au Chef du village Bonassama qu'elle était là et pourquoi.



Túŋgɛ láō ! = Son arrivée !


S'est faite sans trompettes ni cloches. Dans toute la simplicité saluée par la posture debout de ses participants certains étant de très loin ses aînés. Elle à l'aide d'un petit sourire qui laissait voir la joie qui était sienne pour sa toute première fois qu'elle anime sur la terre de ancêtres une table ronde. Elle est accueillie par Sa Majesté MANGA TANGA, Chef de 3ème dégré du village Jebalè I et Tetɛ́ Pamphile NYOBE, Secrétaire général du Ngondo, par ailleurs le modérateur pour la circonstance.


Ɓeléédí = Le cours


En levée de rideaux, la note de lecture du modérateur occasionnel sur la conférencière avant de lui passer la parole était magistrale !


À Yeyɛ MUNSINGA MWA TIKI de commencer par la définition de LA TRADITION comme étant : "Une pratique transmise de siècle en siècle originellement par la parole et l'exemple" ou "Ensemble de notions relatives au passé, transmis de génération en génération." Dr MUSINGA poursuit en disant que toute tradition à quatre domaines qui non mis ensemble, la rende nulle et de nul effet.



Ndɛ́ki á ɓosó = Domaine 1


Ɓosɛ́dí = La Culture, Chez les Sawa comme chez tout peuple, elle englobe : le vestimentaire (Kaɓa/Sanja), le culinaire (Ndolɛ́/Ikɔkɛ), le chant (Ŋgoso), la danse (Esɛwɛ, Ɓólóɓó, Sɛkɛlɛ).


Ndɛ́ki í lóndɛ́ íɓaá = Domaine 2


Mayábɛ/Ndándó á mbia = La naissance ou l'abre généaologique, où tu dois ressortir le nom de ton père, le nom de ta mère et les noms des pères de tes pères et les mères de tes mères à sept (7) générations au moins. Savez-vous déclamer le vôtre ? Apprenez donc dors et déjà car c'est un élément essentiel de la tradition.



Ndɛ́ki í lóndɛ́ ílálo = Domaine 3


Ibambɛ la ɓambámbɛ́ = L'identité socio-spirituelle, les rituels de : naissance, de mariage, de passage d'un garçon à un homme par la circoncision, le passage de la fille à la femme par la vue des menstrues, des morts etc. Mais également à une étape plus avancé on a la connaissance et la maîtrise de la force de la nature. Intervient dans cette étape : le culte du Jěŋgu, la Pharmacopée africaine, les rites dédiés à nos ancêtres, bref tout ce qui est mystique.


Ndɛ́ki í londɛ́ ínɛǐ= Domaine 4


Báasám ɓá misipó = Les intelligences cosmiques. Ce domaine est très complexe car c'est à l'intérieur que la familiarisation avec les Dieux africains et Sawa en particulier se fait. À l'instar de Nyambé wɛkɛ, nyambé wéki mpɛkɛ, nyambé á dibeŋga, nyambé á kalunga, jɛ́ki, njambé etc. C'est ce quatrième volet où domaine que les colons ont éloigné de nous pour nous imposer le leur avec : Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu le Saint Esprit véritable pierre d'achoppement à notre évolution..



Dans les échanges, Dr MUSINGA MWA TIKI affirme que, pour se développer individuellement ou communautairement, il faut la maîtrise parfaite des 4 domaines. Il faut selon elle, balayer le système colonial et asseoir un nouveau système qui donnera à tout un chacun la maitrise des 4 volets ou domaines de Ibambɛ, la tradition qui sont le gage tant de notre développement individuel, que de celui de notre communauté. La question qui se pose à nous tous est : Sommes-nous prêts ?


"Surtout n'oublions pas que sans prise de conscience effective, il n'y aura pas d'estime de soi et sans estime de soi, il n'y aura point d'affirmation de soi."


Par :

JEAN DANIEL MBAPPE NTONE

(+237) 652 266 078 / 699 798 144

100 vues0 commentaire

Comentarios


bottom of page