NGAND'A SAO 2026 : LA 4ᵉ ÉDITION CONFIRME L'AMBITION D'UN FESTIVAL QUI FAIT RAYONNER LE SAFROU, LA CULTURE ET LE VIVRE-ENSEMBLE À DIBOMBARI
- Vichal Dikobo
- 1 août
- 4 min de lecture

L'apothéose de la 4ᵉ édition du Festival du Safou "Ngand'a Sao" s'est déroulée le dimanche 26 juillet 2026 au Village de la Culture Ô Yapaki, dans l'arrondissement de Dibombari. Pendant deux jours, les 25 et 26 juillet, cette manifestation culturelle, gastronomique et environnementale a confirmé sa montée en puissance en s'imposant comme l'un des rendez-vous majeurs de la valorisation du patrimoine des peuples Pongo et Bakoko.
Placée sous le thème « Safou, socle de rencontre des diversités : planter un safou, c'est cultiver les mentalités », cette quatrième édition a marqué un tournant dans l'histoire du festival. Plus qu'une simple célébration de la prune africaine, Ngand'a Sao est devenu une véritable plateforme de promotion de la culture, du vivre-ensemble, de l'innovation culinaire, de la protection de l'environnement et du développement local.
La cérémonie de clôture, organisée le dimanche 26 juillet, a réuni un important parterre d'autorités administratives, traditionnelles, de leaders communautaires, d'associations, de producteurs agricoles, d'artisans, de jeunes et de visiteurs venus découvrir les multiples richesses du terroir de Dibombari.
Le premier adjoint sous-préfectoral de Dibombari, David Sinta, représentant le Sous-préfet Jean Philippe Ngo'o Mébé, ainsi que le parrain du festival, Sa Majesté Kingué Elongo, figuraient parmi les personnalités ayant rehaussé l'éclat de cette cérémonie de clôture.
Une édition de l'innovation malgré une faible production de safous
Cette quatrième édition restera comme celle de l'innovation. Le comité d'organisation a enrichi le programme avec plusieurs nouveautés destinées à donner une nouvelle dimension au festival.
Les festivaliers ont ainsi découvert une foire gastronomique revisitée, un concours d'innovation culinaire autour du safou, un défilé de mode illustrant le vivre-ensemble entre les différentes aires culturelles du Cameroun, des expositions de produits du terroir, des prestations artistiques, une compétition de lutte traditionnelle (Besua), sans oublier la campagne de reboisement « 10 Safoutiers », traduisant la volonté des organisateurs de faire du festival un acteur de la protection de l'environnement.
L'édition 2026 aura également démontré qu'un événement culturel peut conjuguer traditions, développement durable, promotion économique et transmission des savoirs.


Une réussite malgré une récolte particulièrement faible
Prenant la parole à la clôture du festival, le président du comité d'organisation, Olivier Charly (Moukodi Mbamse Olivier), n'a pas caché sa satisfaction devant le succès populaire de cette quatrième édition.
Il a reconnu que la saison n'avait pas été favorable à la production des safous.
« Cette année, les pruniers n'ont pas produit autant que nous l'espérions. Malgré cette faible récolte, nous avons décidé de faire avec le peu que la nature nous a donné. Aujourd'hui, au regard de la mobilisation, de la qualité des activités et de l'enthousiasme des populations, nous sommes heureux de la réussite de cette édition », a-t-il déclaré sous les applaudissements des participants.
Pour lui, cette réussite démontre que le festival ne repose plus uniquement sur la quantité de safous disponibles, mais surtout sur les valeurs qu'il véhicule : la fraternité, la solidarité, la transmission culturelle et la valorisation du patrimoine local.


« Ngand'a Sao devient plus qu'un festival »
Représentant le Sous-préfet de Dibombari, le premier adjoint sous-préfectoral David Sinta a salué la qualité de l'organisation ainsi que la vision portée par les initiateurs.
Il a souligné que Ngand'a Sao dépasse désormais le simple cadre festif pour devenir un véritable instrument de cohésion sociale, de promotion culturelle et de développement territorial.
« Ngand'a Sao devient de plus en plus plus qu'un festival. C'est une initiative exemplaire qui mérite d'être encouragée, accompagnée et soutenue par les pouvoirs publics ainsi que par l'ensemble des partenaires », a-t-il affirmé.
Selon lui, cette dynamique contribue à renforcer l'attractivité de Dibombari tout en mettant en lumière les richesses agricoles, culturelles et humaines de l'arrondissement.
Sa Majesté Kingué Elongo appelle les jeunes à poursuivre leur engagement
Parrain de cette quatrième édition, Sa Majesté Kingué Elongo a ouvert son intervention en présentant les excuses du chef du village Yapaki, empêché.
Le chef traditionnel a ensuite rendu un vibrant hommage aux initiateurs du festival pour leur engagement constant en faveur de la promotion du patrimoine culturel.
Il a assuré les organisateurs du soutien total des chefs traditionnels des villages Pongo et Bakoko.
« Les chefs des villages Pongo et Bakoko sont de tout cœur avec cette jeunesse qui valorise son village et son patrimoine. Nous les encourageons à aller de l'avant », a-t-il déclaré.
Le chef traditionnel a également formulé le vœu de voir le festival franchir une nouvelle étape.
« Nous souhaitons que Ngand'a Sao traverse les frontières, dépasse les villages Pongo et Bakoko et devienne une grande vitrine culturelle capable de rayonner à l'échelle nationale et internationale. »


Un patrimoine culturel au service du développement
Depuis son lancement en 2023, Ngand'a Sao s'est progressivement imposé comme un rendez-vous incontournable de la valorisation du safou, fruit emblématique des terroirs du Littoral.
Au-delà des dégustations, des concours et des animations culturelles, le festival contribue à soutenir les producteurs, promouvoir les artisans, encourager les initiatives entrepreneuriales locales et renforcer l'économie communautaire.
À Yapaki, le safou n'est plus seulement un fruit de saison. Il est devenu le symbole d'une identité culturelle assumée, d'un héritage transmis aux jeunes générations et d'une ambition collective tournée vers le développement durable.
Avec cette quatrième édition couronnée de succès, malgré les aléas de la nature, Ngand'a Sao confirme sa maturité et son potentiel. Plus qu'une fête populaire, le festival s'affirme désormais comme un véritable projet de territoire, où culture, agriculture, environnement et cohésion sociale se rencontrent pour construire un avenir commun.
VICHAL DIKOBO S.
699233518/670376078



Commentaires