L'intégralité de la Déclaration de la Commission des droits de l'homme...
- Vichal Dikobo
- il y a 1 jour
- 5 min de lecture

DÉCLARATION DE LA COMMISSION DES DROITS DE L’HOMME DU CAMEROUN À L’OCCASION DE LA 39E JOURNÉE INTERNATIONALE CONTRE L’ABUS ET LE TRAFIC ILLICITE DES DROGUES*
26 juin 2026
Thème.- _Problème mondial des drogues : enjeux persistants, nouveaux défis, réponses innovantes_
La Commission rappelle que c’est par la résolution 42/112, adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies (AGNU) le 7 décembre 1987, que le 26 juin a été officiellement proclamé Journée internationale contre l’abus et le trafic illicite des drogues, consacrant ainsi l’engagement permanent des États membres à intensifier leurs efforts en matière de prévention, de traitement, de répression et de réduction des risques, avec la participation des organisations internationales, des organisations de la société civile (OSC), des communautés ainsi que d’autres acteurs pertinents, dans le strict respect des Droits de l’homme.
La Commission accueille favorablement le thème retenu pour l’édition 2026 de la Journée internationale contre l’abus et le trafic illicite des drogues, à savoir Problème mondial des drogues : enjeux persistants, nouveaux défis, réponses innovantes, un thème qui met opportunément en lumière la nécessité de faire face aux défis structurels et émergents liés au phénomène mondial de la drogue, notamment la prolifération des substances synthétiques, l’évolution des réseaux criminels et les conséquences sanitaires, sociales et sécuritaires qui en découlent, tout en soulignant l’importance de promouvoir des politiques publiques innovantes, fondées sur des données probantes et respectueuses de la dignité humaine ainsi que des Droits fondamentaux.
La Commission relève que le thème retenu pour l’édition 2026 de cette Journée s’inscrit pleinement dans les ambitions de l’Union africaine (UA), en ce qu’il appelle à une adaptation constante des politiques, ainsi que des mécanismes de prévention, de protection et de répression face à l’évolution du phénomène mondial de la drogue, dans le droit fil de l’Aspiration 4 de l’Agenda 2063 qui vise notamment l’avènement d’une « Afrique […] exempte de drogue […] et de crime organisé », afin de garantir aux jeunes générations un environnement propice à leur développement, à leur santé et à leur pleine participation au développement du continent.
La Commission note que le thème de l’édition 2026 de la Journée internationale contre l’abus et le trafic illicite des drogues met en évidence la nécessité de renforcer les mécanismes de protection des Droits de l’homme face aux effets néfastes du phénomène mondial de la drogue. Y compris à travers les garanties juridiques, l’accès aux soins de santé et aux services sociaux, les mesures de prévention, de traitement et de réinsertion, les dispositifs de soutien communautaire, ainsi que les mécanismes de responsabilité et de recours. Ce thème encourage aussi l’adoption de réponses innovantes, inclusives et fondées sur les Droits de l’homme, afin de protéger les personnes et les groupes les plus vulnérables, tout en préservant leurs Droits, avec au premier chef leur droit à la dignité.
La Commission salue les efforts constants et soutenus des pouvoirs publics et de leurs partenaires visant à prévenir l’abus des drogues, à lutter contre le trafic illicite de stupéfiants ainsi qu’à protéger les populations contre les conséquences sanitaires, sociales, économiques et sécuritaires du phénomène mondial de la drogue, notamment à travers la saisie, le 20 février 2026 à l’Aéroport international de Douala, dans le Département du Wouri (Région du Littoral), par les services des Douanes camerounaises, de six cargaisons de stupéfiants totalisant 2 491 kilogrammes. Cette cargaison d’une valeur d’environ 50 milliards de francs CFA comprenait : 1 057 kilogrammes de cocaïne et 1 434 kilogrammes de tramadol. L’opération ayant permis cette saisie, conduite sur la base de renseignements ciblés, constitue l’une des plus importantes saisies de drogues jamais enregistrées au Cameroun. Elle confirme le rôle déterminant des dispositifs de contrôle aux points d’entrée du territoire et appelle, au-delà de cette action ponctuelle, à la consolidation durable des capacités de renseignement, de détection, d’interception et de coopération entre les services compétents.
La Commission constate que, malgré les efforts déployés aux niveaux national et international pour lutter contre l’abus et le trafic illicite des drogues au Cameroun, de nombreuses personnes touchées par des troubles liés à l’usage des drogues continuent de subir l’exclusion sociale, la stigmatisation et la discrimination ; ce qui limite leur accès aux soins de santé, aux opportunités d’emploi, à l’éducation et aux services de réinsertion sociale. Cette situation met en évidence la persistance de défis structurels qui entravent l’efficacité des réponses apportées au problème mondial de la drogue.
La Commission relève que sur les 220 recommandations acceptées par l’État lors de l’adoption du Rapport du passage du Cameroun au 4e cycle de l’Examen périodique universel (EPU) le 26 mars 2024, deux sont en consonance avec la lutte contre l’abus des drogues et le trafic illicite de stupéfiants ; elles sont reproduites dans la Déclaration de la CDHC de ce jour, après avoir été ventilées par l’institution nationale des Droits de l’homme du pays aux structures pertinentes de l’État, ainsi qu’aux organisations de la société civile, chacune en ce qui la concerne.
La Commission réitère toutes ses recommandations formulées dans sa Déclaration du 26 juin 2024 à l’occasion de la 37e édition de la Journée internationale contre l’abus et le trafic illicite des drogues, notamment celle adressée au ministère des Enseignements secondaires (MINESEC), au ministère de l’Education de Base (MINEDUB), au ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille (MINPROFF), au ministère des Affaires sociales (MINAS), ainsi qu’au MINJEC d’intensifier les campagnes de sensibilisation auprès des jeunes sur les dangers de la consommation des drogues.
La Commission recommande spécifiquement au Gouvernement de renforcer coordination multisectorielle ainsi que les ressources humaines, techniques et financières du Comité national de lutte contre la drogue (CNLD), afin d’assurer une meilleure harmonisation des interventions des administrations publiques avec celles de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), des collectivités territoriales décentralisées (CTD), des organisations non-gouvernementales (ONG) et des OSC.
La Commission recommande spécifiquement aux parents, aux responsables légaux et aux familles de renforcer leur rôle de première ligne dans la prévention de l’usage des drogues, en instaurant avec les enfants et les jeunes un dialogue régulier, ouvert et non stigmatisant sur les risques sanitaires, psychologiques, scolaires, sociaux et judiciaires liés à la consommation deu substances psychoactives ; en exerçant une vigilance accrue sur les fréquentations, les changements brusques de comportement, les lieux de sociabilité et les usages numériques susceptibles de favoriser l’exposition aux réseaux de trafic ; en recherchant sans délai un accompagnement médical, psychologique, social ou éducatif en cas de signes d’addiction ou de vulnérabilité ; et en signalant aux autorités compétentes les circuits, points de vente ou pratiques d’incitation à la consommation de drogues affectant les enfants, les jeunes et les communautés.
VICHAL DIKOBO S.
699233518/670376078



Commentaires