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Douala sonne la fin de la récréation foncière : la ville reprend le contrôle de son destin urbain

Le temps de la complaisance semble révolu. Face à une urbanisation galopante et à une anarchie foncière devenue préoccupante, la Communauté Urbaine de Douala (CUD) engage une véritable contre-offensive pour restaurer l’ordre urbain et sauver ce qui reste des espaces publics. Sous l’impulsion déterminée du maire, Roger Mbassa Ndine, la capitale économique du Cameroun affiche désormais une ambition claire : reprendre le contrôle du foncier pour garantir un développement structuré, équitable et durable.


Une ville sous pression, un sursaut nécessaire


Avec une population estimée entre 4,5 et 5 millions d’habitants, Douala étouffe sous le poids de sa croissance. Les réserves foncières destinées aux équipements publics, écoles, centres de santé, marchés, espaces verts disparaissent progressivement, englouties par des occupations illégales, des morcellements anarchiques et des détournements de vocation.

Le diagnostic posé est sans appel : chaque mètre carré accaparé illégalement est un service public sacrifié. Une réalité qui compromet non seulement les projets structurants, mais fragilise également la cohésion sociale et l’équilibre urbain.


Le réveil des consciences au cœur du Palais de la Culture Sawa


C’est dans l’enceinte du Palais de la Culture Sawa que s’est tenue, ce 05 mai 2026, une rencontre stratégique d’envergure. Autorités administratives, chefs traditionnels, experts fonciers, magistrats municipaux et acteurs de l’immobilier s’y sont retrouvés autour d’un objectif commun : stopper l’hémorragie foncière.

À travers cet atelier, la CUD ne s’est pas contentée de dénoncer. Elle a structuré une riposte : vulgarisation du cadre légal, clarification des responsabilités, identification des failles du système et mise en place de mécanismes de veille foncière.

Le message est désormais clair et sans ambiguïté :

  • Les espaces publics ne sont pas négociables.

  • L’intérêt collectif prime sur les ambitions individuelles.


Des projets bloqués, une ville entravée


L’occupation anarchique du domaine public a des conséquences concrètes. Des projets majeurs, à l’instar du futur système de transport de masse (BRT), peinent à voir le jour faute d’espaces pour les infrastructures de base. Même la gestion des déchets devient un casse-tête, la ville étant parfois incapable de trouver de simples parcelles pour installer des bacs à ordures.

Ce paradoxe illustre une réalité inquiétante : une ville en expansion, mais sans assise foncière suffisante pour soutenir ses ambitions.


La RFD-CUD, bras armé de la reconquête


Au cœur de cette bataille, la Régie Foncière et Domaniale de la CUD se positionne comme un acteur clé. Chargée de sécuriser, acquérir et restaurer les espaces publics, elle incarne la volonté de l’exécutif communautaire de passer de la parole aux actes.

Sa mission est stratégique : reconquérir les terrains perdus, prévenir les dérives futures et garantir à la ville les réserves indispensables à son développement.


Tolérance zéro : l’heure des sanctions a sonné


La nouvelle doctrine est ferme. L’occupation illégale du domaine public n’est plus une simple irrégularité : elle devient une infraction passible de sanctions. Les autorités annoncent un double traitement pour les contrevenants : libération forcée des espaces et poursuites judiciaires.

Dans cette dynamique, chaque acteur est interpellé : chefs traditionnels, notaires, agents immobiliers, propriétaires terriens. Tous sont désormais coresponsables de la protection du patrimoine foncier collectif.

Rebâtir Douala sur des fondations solides


Au-delà de la répression, la démarche de la CUD se veut pédagogique et structurante. Il s’agit de réinstaurer une culture de respect de la planification urbaine, condition sine qua non pour bâtir une ville moderne, inclusive et résiliente.

Comme l’a rappelé le maire, « on ne peut pas construire la ville de demain en sacrifiant l’intérêt général aujourd’hui ». Une vision qui place le foncier au cœur du développement et érige les espaces publics en pilier du bien-être collectif.


Une bataille pour les générations futures


Ce combat dépasse les enjeux immédiats. Il s’inscrit dans une perspective générationnelle. Préserver les réserves foncières aujourd’hui, c’est garantir aux générations futures l’accès aux services essentiels et à un cadre de vie digne.

À Douala, la bataille du foncier est désormais engagée. Et une chose est sûre : la ville refuse désormais de subir son expansion. Elle choisit de la maîtriser.





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