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Afrique: naissance d'une industrie automobile avec Jengu [2/3]




Les constructeurs automobiles africains sont encore peu nombreux à développer des marques et des produits locaux. Ils ont pour nom Mobius, Kiira Motors, Jengu ou encore Wallyscar… Les séries sont limitées et les productions souvent embryonnaires, mais ceux qui se lancent dans la construction automobile en sont persuadés : l’Afrique va suivre le même chemin que la Chine et possédera à terme de grands constructeurs. Focus sur le jeune constructeur camerounais Jengu.


Problème élémentaire : comment un professeur de mathématiques, devenu entrepreneur et expatrié en France, se retrouve-t-il à construire des voitures électriques au Cameroun, son pays natal ? Réponse avec Gaspard Mpondo, fondateur de la marque Jengu.


« Quand cette idée des véhicules électriques est arrivée, cela m’a d’autant plus intéressé que cela me faisait et faire des cours et faire mon travail de chef d’entreprise. Donc, je me suis lancé comme ça. »

Pour cet amoureux des sciences, le postulat de départ fut tout de suite celui du solaire et de l’électrique. Ses véhicules – voitures, tricycles ou fourgonnettes – disposent tous d’une prise de courant et d’un panneau solaire.


« Le fait que nos véhicules soient des véhicules électriques solaires, cela fait que si on vit par exemple au Niger, on peut même ne jamais avoir besoin de brancher son véhicule. Il suffit en roulant, si on ne fait pas plus de trente kilomètres aller-retour pour se rendre au travail, de prendre son véhicule, d’arriver au travail, de le laisser au soleil et en fin de journée quand on quitte son travail pour rentrer à la maison, le véhicule est complètement chargé. »


Une production sino-camerounaise


En 2019, Gaspard Mpondo lance donc Jengu, une marque dont le nom en douala signifie paradoxalement « l’esprit de l’eau », après avoir trouvé un partenaire chinois, l’entreprise S-KING, qui lui expédie les pièces détachées essentielles et les plans des véhicules.


« Presque tout d’ailleurs… Ils me fournissent la presque totalité, parce qu’au Cameroun il n’y a pas grand-chose. Il n’y a que les roues que je trouve au Cameroun, et encore... »


Cependant, les carrosseries, les peintures et les assemblages sont effectués par une dizaine d’employés dans ses ateliers de Douala. Si l’on est encore loin du made in Cameroun, Gaspard Mpondo souhaiterait développer le contenu local. Mais il attend désormais les homologations qui lui permettraient de pouvoir commencer la commercialisation à grande échelle.


« Tous les techniciens qui sont venus voir nos ateliers, c’est-à-dire les techniciens du ministère de l’Industrie, ont trouvé que le travail était très bien, et que c’était le genre d’industrie qu’il fallait au Cameroun pour l’avenir de notre pays. Au ministère des Transports, ils ont envoyé des inspecteurs pour voir la qualité de nos véhicules. Ils ont fait aussi un bon rapport. Maintenant, c’est au ministre de signer le document, et nous avons bon espoir que tout se passe bien. »


L’espoir est d’autant plus grand pour l’ancien enseignant que les étudiants de l’école Polytechnique de Douala et leurs ministères de tutelle s’intéressent de près aux activités de Jengu. De même, les clients se bousculent déjà aux portes des ateliers. La mairie de Douala, mais aussi des sociétés privées, ont manifesté un vif intérêt pour les véhicules solaires électriques sino-camerounais.

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